Tout comprendre sur le
cash-flow immobilier
Définition, formules de calcul, impact de la fiscalité et stratégies d'optimisation pour vos investissements locatifs en France.

Qu'est-ce que le cash-flow ?
Le cash-flow (ou flux de trésorerie) désigne la différence entre les entrées et les sorties d'argent sur une période donnée. En entreprise, il mesure la capacité à générer de la trésorerie ; en immobilier, il répond à une question simple :
« Combien d'argent reste-t-il dans ma poche chaque mois après avoir payé toutes les dépenses liées au bien ? »
Contrairement à la rentabilité qui s'exprime en pourcentage, le cash-flow est un montant en euros, mensuel ou annuel. Il donne une vision concrète et immédiate de votre trésorerie disponible, ce qui en fait l'indicateur le plus tangible pour piloter un investissement au quotidien.
Cash-flow en entreprise vs en immobilier
En entreprise, on distingue le cash-flow opérationnel (lié à l'exploitation), le cash-flow d'investissement et le cash-flow de financement. En immobilier locatif, le concept est plus direct : ce sont vos loyers moins toutes vos dépenses. Le principe reste le même (mesurer ce qui entre et ce qui sort), mais appliqué à un bien spécifique.
Cash-flow brut, net et net-net
Il existe trois niveaux de lecture du cash-flow, du plus simpliste au plus réaliste. Seul le dernier reflète vraiment ce que vous gagnerez (ou perdrez) chaque mois.
Cash-flow brut
Le cash-flow brut ne soustrait que la mensualité de crédit aux loyers. C'est une première estimation rapide, mais bien trop optimiste pour prendre une décision.
Formule
Cash-flow brut = Loyers perçus − Mensualité de crédit
Cash-flow net (avant impôts)
On intègre cette fois toutes les charges d'exploitation : copropriété, taxe foncière, assurances, gestion locative, provisions travaux et vacance locative. C'est une vision opérationnelle, mais encore incomplète.
Formule
Cash-flow net = Loyers perçus
− Mensualité de crédit
− Charges de copropriété (non récupérables)
− Taxe foncière
− Assurance PNO + GLI
− Frais de gestion locative
− Provision travaux / entretien
− Provision vacance locative
Cash-flow net-net (après impôts)
C'est le seul indicateur fiable pour mesurer la performance réelle de votre investissement. Il intègre l'impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux (17,2 %).
Formule
Cash-flow net-net = Cash-flow net
− Impôt sur le revenu (TMI × revenu foncier net)
− Prélèvements sociaux (17,2 %)
Attention aux illusions
Un cash-flow brut de +120 €/mois peut devenir un cash-flow net-net de −60 €/mois après fiscalité. Selon une étude de la BPCE, 7 investisseurs sur 10 sous-estiment leurs dépenses réelles.

Comment calculer le cash-flow immobilier
Voici la formule complète annuelle, poste par poste. Pour obtenir le montant mensuel, divisez simplement le résultat par 12.
Formule complète annuelle
Cash-flow net-net annuel =
Loyers bruts annuels
− Vacance locative (5 à 10 %)
− Charges copropriété non récupérables
− Taxe foncière
− Assurance PNO
− Assurance GLI (2,5 à 5 % des loyers)
− Gestion locative (6 à 8 % si agence)
− Provision travaux (5 à 10 % des loyers)
− Mensualités de crédit × 12
− Impôt sur le revenu locatif
− Prélèvements sociaux (17,2 %)
Pour déterminer votre mensualité de crédit, utilisez notre simulateur dédié. Pensez aussi à vérifier votre capacité d'emprunt en amont, car elle détermine le montant finançable et donc la mensualité qui pèsera sur votre cash-flow.
Exemple chiffré
T3 meublé en ville moyenne, acheté 150 000 € en colocation (3 chambres × 400 € = 1 200 €/mois), crédit sur 25 ans à 3,2 % (mensualité 680 €) :
| Poste | Montant / mois |
|---|---|
| Loyers (colocation meublée) | +1 200 € |
| Mensualité de crédit | −680 € |
| Copropriété (non récupérable) | −60 € |
| Taxe foncière | −75 € |
| Assurances (PNO + GLI) | −45 € |
| Provision travaux | −40 € |
| Provision vacance (5 %) | −30 € |
| Impôts (LMNP réel : amortissement) | ≈ 0 € |
| Cash-flow net-net | +270 €/mois |
Les composantes qui influencent le cash-flow
Les revenus (entrées)
- Loyers : composante principale, déterminée par le marché, le type de location (nue, meublée, colocation, saisonnière) et la surface
- Revenus complémentaires : parking, cave, services additionnels
- Revalorisation annuelle : indexée sur l'IRL (Indice de Référence des Loyers), protège contre l'inflation
Les charges d'exploitation (sorties)
| Poste | Estimation |
|---|---|
| Charges de copropriété (non récupérables) | Variable |
| Taxe foncière | Variable selon commune |
| Assurance PNO | 100–250 €/an |
| Assurance GLI | 2,5–5 % des loyers |
| Gestion locative (agence) | 6–8 % des loyers |
| Provision travaux | 5–10 % des loyers |
| Comptabilité LMNP réel | 300–600 €/an |
Le crédit immobilier
La mensualité de crédit est souvent le poste le plus important. Elle dépend du montant emprunté, du taux d'intérêt, de la durée et de l'assurance emprunteur. Plus la durée est longue (20–25 ans), plus la mensualité est faible et le cash-flow amélioré.
Vérifiez votre capacité d'emprunt pour connaître le montant maximum que la banque peut vous prêter selon vos revenus et vos charges existantes.
La vacance locative
Provision recommandée : 1 à 2 mois par an (soit 5 à 10 % des loyers). En zone tendue, comptez 0,5 à 1 mois ; en zone détendue, 1,5 à 2 mois. Un bien inoccupé génère zéro revenu mais continue de coûter.
L'impact de la fiscalité sur le cash-flow
La fiscalité est le facteur le plus sous-estimé et le plus impactant sur le cash-flow. Les revenus locatifs sont soumis à l'impôt sur le revenu (selon votre TMI) plus les prélèvements sociaux de 17,2 %.
Pression fiscale selon la TMI
| TMI | Prélèvements sociaux | Taux global |
|---|---|---|
| 0 % | 17,2 % | 17,2 % |
| 11 % | 17,2 % | 28,2 % |
| 30 % | 17,2 % | 47,2 % |
| 41 % | 17,2 % | 58,2 % |
| 45 % | 17,2 % | 62,2 % |
À TMI 30 %, presque la moitié de vos revenus fonciers nets part en impôts et prélèvements sociaux.
Location nue
Micro-foncier (loyers < 15 000 €/an) : abattement forfaitaire de 30 %. Simple mais souvent peu avantageux.
Régime réel : déduction des charges réelles (intérêts d'emprunt, travaux, assurances, frais de gestion, taxe foncière). Possibilité de créer un déficit foncier jusqu'à 10 700 €/an imputable sur le revenu global. Plus complexe mais souvent bien plus avantageux.
Location meublée (LMNP)
Micro-BIC (réforme 2025) : abattement de 30 % (meublé non classé, plafond 15 000 €) ou 50 % (meublé classé, plafond 77 700 €). Forte dégradation par rapport aux règles antérieures.
Régime réel BIC : déduction des charges + amortissement du bien et des meubles. Résultat fréquent : 0 € d'impôt pendant 10 à 15 ans. C'est le régime le plus performant pour maximiser le cash-flow.
Un même bien, deux cash-flows radicalement différents
T3 meublé, loyer 800 €/mois, crédit 500 €/mois, charges 200 €/mois, TMI de l'investisseur : 30 % :
| Poste | Micro-BIC (30 %) | Réel BIC (LMNP) |
|---|---|---|
| Revenu imposable | 6 720 €/an | ≈ 0 € |
| Impôts (IR + PS) | 264 €/mois | ≈ 0 € |
| Cash-flow net-net | −164 €/mois | +100 €/mois |
L'écart est de 264 €/mois (soit 3 172 €/an) uniquement grâce au choix du régime fiscal. Le même bien passe de −164 € à +100 € de cash-flow mensuel.

L'impact fiscal depend de votre TMI, votre quotient familial et votre regime. My Next Invest simule chaque scenario selon votre situation personnelle.
Simuler mon impotCash-flow positif vs négatif
Cash-flow positif
- Le bien s'autofinance : il reste un excédent chaque mois
- Permet de constituer une épargne de sécurité
- Préserve la capacité d'emprunt pour de futurs investissements
- Crée un cercle vertueux : possibilité de réinvestir
Seuil recommandé : viser au minimum +100 à +150 €/mois par bien
Cash-flow négatif
- L'investisseur doit compenser chaque mois avec ses propres revenus
- Dégrade le taux d'endettement auprès des banques
- Risque d'effet boule de neige si imprévus (travaux, vacance, impayés)
- Pas forcément catastrophique si stratégie de plus-value à long terme
Selon l'INSEE, seulement 30 % des investisseurs maintiennent un cash-flow positif
Cash-flow nul = fausse sécurité
Un équilibre exact entre revenus et dépenses ne laisse aucune marge pour absorber les aléas. Le moindre imprévu (un mois de vacance, une chaudière à remplacer) fait basculer en négatif. Prévoyez toujours une marge de sécurité.
Comment optimiser son cash-flow
Levier du financement
- Allonger la durée du prêt (20–25 ans) : réduit la mensualité
- Négocier le taux : chaque 0,1 % compte sur 25 ans
- Limiter l'apport personnel : conserver la trésorerie, maximiser l'effet de levier. Estimez les frais de notaire pour calibrer votre apport
- Demander un différé pendant les travaux
Levier fiscal
- LMNP au réel : l'amortissement neutralise l'impôt pendant 10 à 15 ans
- Déficit foncier en location nue avec travaux importants
- Comparer micro vs réel chaque année pour choisir le meilleur régime
Levier des revenus
- Location meublée : loyers 15 à 30 % supérieurs à la location nue
- Colocation : maximise le loyer au m²
- Services additionnels : parking, cave, ménage
- Revalorisation annuelle des loyers selon l'IRL
Levier des charges
- Réduire la vacance : bon prix, bon bien, bonne localisation
- Gestion en direct vs agence : économie de 6 à 8 % des loyers
- Négocier les assurances et contrats d'entretien
- Anticiper les travaux : prévenir coûte moins cher que subir
Cash-flow vs rentabilité
Ces deux notions sont complémentaires mais mesurent des choses différentes. Confondre les deux est l'une des erreurs les plus fréquentes.
| Critère | Cash-flow | Rentabilité |
|---|---|---|
| Unité | Euros (€) | Pourcentage (%) |
| Crédit inclus ? | Oui | Non |
| Vision | Court terme, trésorerie | Long terme, performance |
| Utilité | Gestion quotidienne | Comparaison d'investissements |
Pourquoi les deux sont indispensables
Un bien à 8 % de rentabilité brute peut générer un cash-flow négatif s'il est financé à 110 % avec des mensualités élevées. Inversement, un bien à rentabilité modeste (5 %) peut générer un cash-flow positif s'il est bien financé. Analysez toujours les deux indicateurs ensemble.
Les erreurs les plus courantes
Ne calculer que le cash-flow brut
Un cash-flow brut positif peut masquer un cash-flow net-net négatif. Toujours aller jusqu'au net-net.
Sous-estimer les charges
Provision travaux, comptabilité, vacance locative… les postes oubliés s'accumulent vite.
Ignorer l'impact de la TMI
À TMI 30 %, vous perdez 47,2 % de vos revenus fonciers nets en location nue. C'est colossal.
Choisir le mauvais régime fiscal
Rester en micro alors que le réel est plus avantageux peut coûter des milliers d'euros par an.
Ne pas provisionner la vacance
Prévoir 1 à 2 mois sans loyer par an. Un bien vide coûte sans rapporter.
Confondre rendement et cash-flow
Un rendement élevé ne garantit pas un cash-flow positif, et inversement.
Surpayer le bien
Acheter au prix affiché sans négocier réduit mécaniquement le rendement et le cash-flow.
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